Retour sur la projection du film Max Havelaar

Retour sur la projection du film Max Havelaar 

Cette après-midi et cette soirée consacrées à la projection du film Max Havelaar, suivie d’un débat, ont été particulièrement chaleureuses et réussies. Une centaine de personnes ont assisté à l’événement. Nous avons été très bien reçus par la directrice Sonja Janmaat, que nous remercions vivement pour son accueil.

Une communication largement relayée

L’événement a attiré de nombreuses personnes extérieures à l’association, venues de différents horizons.
La diffusion de l’information a été largement assurée grâce à plusieurs relais :

  • le Collège néerlandais, au sein de la Cité U
  • la newsletter de l’ambassade des Pays-Bas
  • nos réseaux sociaux (Instagram et Facebook) et notre newsletter.

Le film Max Havelaar : un récit fort sur la période coloniale

Le film Max Havelaar (adapté du roman éponyme) a été très apprécié, autant pour la puissance de son histoire que pour ses images, qui donnent à voir la période coloniale et la souffrance de la population locale dans les Indes néerlandaises (nom donné à l’Indonésie à l’époque).

Le film retrace le parcours de Douwes Dekker, connu sous son nom de plume Multatuli, qui écrit Max Havelaar en 1859 afin de dénoncer la politique coloniale et la corruption à différents niveaux : celle des administrateurs hollandais, mais aussi celle des aristocrates et intermédiaires javanais, qui participaient au système en imposant à la population une production toujours plus intensive.

Douwes Dekker a vécu plusieurs décennies aux Indes néerlandaises : parti à 18 ans, il gravit progressivement les échelons de l’administration coloniale.
Le film se conclut sur sa lettre adressée directement au roi Guillaume Iᵉʳ, contrastant avec les images d’une société néerlandaise pieuse, réunie à la messe, semblant ignorer la réalité de sa colonie lointaine.

L’intervention d’Emese van Boné : contexte historique et politique

Après la projection, Emese van Boné a présenté les grandes étapes des politiques coloniales successives, notamment :

  • la création de la VOC (Verenigde Oost-Indische Compagnie) en 1602
  • puis sa succession par la NHS (Nederlandse Handelsmaatschappij), qui a existé jusqu’en 1964, avant d’être transformée en banque (ABN et AMRO)

Elle a surtout insisté sur la mise en place du Cultuurstelsel (système des cultures), conçu pour renflouer les caisses du royaume et financer deux guerres extrêmement coûteuses pour le gouvernement néerlandais. Deux guerres qui les opposaient à :

  • la Guerre de Java menée par le héros indonésien, le prince Diponegoro (1825-1830)
  • la guerre liée à l’indépendance de la Belgique, débutée en 1830

Elle a également rappelé qu’à cette époque, les décisions concernant les Indes néerlandaises étaient prises exclusivement par le roi Guillaume Ier, sans contrôle parlementaire.

Même après 1870, avec une politique plus libérale et l’arrivée d’entrepreneurs privés, les souffrances de la population locale se sont poursuivies. Cette période prend fin en 1942, avec l’invasion de l’armée japonaise sur le territoire indonésien.

La table ronde : focus sur les Moluques

Lors de la table ronde animée par Catherine Hue, avec la participation d’Edo Erlangga, il a été évoqué que la situation aux Moluques avait été sensiblement différente.

Les Hollandais y sont arrivés dès le XVIIᵉ siècle et ont massacré une grande partie de la population locale, profondément traumatisée. Aux XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles, les survivants se sont retrouvés sous contrôle colonial : certains sont devenus de petits administrateurs locaux, tandis que d’autres ont rejoint le KNIL (Koninklijke Nederlands-Indische Leger), l’armée royale des Indes néerlandaises.

Intermèdes artistiques : musique et danse

Entre les échanges, le public a beaucoup apprécié les interludes musicaux de Riski Ramdhani et Ijal Ricardo, qui ont interprété des chansons anciennes aux sonorités indo-néerlandaises.

Riski a également captivé l’audience avec une danse traditionnelle, le Tari Tayub, mettant en scène la vie d’un riche prince sundanais.

Clôture conviviale

La soirée s’est terminée par un repas convivial partagé dans le grand hall. Les plats préparés par Livia ont rencontré un grand succès et ont été rapidement pris d’assaut, tandis qu’Ijal a prolongé ce moment chaleureux en continuant à chanter, accompagné de sa guitare.